Prologue

Prologue


La douleur était trop intense, elle avait envie de hurler, d'évacuer toute cette souffrance mais aucun son ne parvenait à franchir ses lèvres.
Elle se débattait violemment mais ne faisait que se blesser davantage avec les liens qui maintenaient ses poignées et ses jambes à la table.
« Laissez là tranquille je vous en supplie !!! ».
Sa voix...la terreur qu'elle exprimait de la voir agoniser lentement tandis que le poison se répendait sournoisement dans chaque parcelle de son corps...
Les autres sons n'étaient que des murmures sans aucun sens, et sa voix était le seul lien qui lui permettait de tenir, de s'accrocher à la vie qu'elle sentait la quitter peu à peu.
De nouveau la morsure du venin l'empêcha de se focaliser sur autre chose, mais cette fois, un cri d'épouvante réussi à franchir ses lèvres avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience...
Elle revint à elle et la seule chose qu'elle savait, c'est qu'elle était littéralement morte de faim. Tout se mélangea et devint confus, les rires sourds, la délicieuse et irresistible odeur à la fois métallique et sucré qui l'attirait comme un aimant, la puissance de l'instinct, rien d'autre ne comptait...
L'onctuosité du liquide, la frénésie qu'elle ne pouvait réprimer, la satiété, la prise de conscience, l'horreur, la vu du sang, un cri déchirant...
« NON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »


Elle se redressa brusquement, haletante, les yeux empreints d'une terreur trop familière. Elle ne parvenait pas à savoir si elle avait réellement crié ou s'il n'était qu'un fantôme de son cauchemar, pourvu qu'elle n'ait réveillé personne. Elle regarda le réveil de la table de chevet tout en reprenant peu à peu ses esprits : 3H18 du matin.
Elle soupira tout en passant ses mains dans ses cheveux. Ils étaient trempés évidemment. Elle se regarda de plus près, et constata qu'elle était couverte de sueur.
Il ne lui restait qu'une chose à faire.
La jeune femme se leva et se dirigea vers la salle de bain. Tandis qu'elle faisait couler l'eau dans la douche en attendant qu'elle devienne chaude, elle enleva son débardeur bleu et son boxer et se glissa sous l'eau brûlante qui mordit sa peau légèrement hâlé. Elle se délecta de la chaleur et de la sensation du liquide glissant sur ses cheveux sur sa peau afin de la purifier, d'ôter toutes les horreurs que la nuit lui avait ramenées en mémoire.
De nouveau elle entendit sa voix.
Son corps tressaillit et elle fut prise de vertige.
Non.
Elle frappa contre le mur de la douche, il était hors de question qu'elle se laisse dominer par ses émotions.
Elle finit sa douche et sortie. Elle ramassa son vieux Levis délavé et l'enfila avec un débardeur noir à fine bretelle et mis sa veste en jean par-dessus. Elle démêla rapidement ses longs cheveux blonds qu'elle laissa retomba librement dans son dos. Elle mit ses bottes noires avant de rassembler ses quelques effets personnels dans son sac. Une fois terminé, elle sortie de la chambre du motel sans un regard en arrière et se dirigea vers le parking mal éclairer. Elle jeta son sac dans le coffre de sa vieille mustang bleue métallisée et s'installa derrière le volant. Rien de telle qu'une nuit étoilé pour voyager. Elle mit le contact et sourit en entendant le moteur ronronner.
Elle fit demi-tour sur le parking et s'engagea sur la route.
Quelques minutes plus tard, elle dépassa le panneau qui indiquer qu'elle quittait la ville de Taholah, Washington. Elle roula plusieurs heures sans savoir où elle avait l'intention d'aller, tout ce qui importait c'est de rouler, de s'éloigner de ce cauchemar, sans se retourner de peur qu'il ne la rattrape. Rouler encore et encore, ne pensez à rien d'autre qu'à la route... Mais il la rattrapé toujours.
Le soleil commença à faire son apparition, teintant le ciel d'un dégradé de couleur allant de rose pâle à l'orange rougeoyant...
Elle s'arrêta bientôt dans un bled perdu pour prendre un petit déjeuner de fortune dans un bistrot miteux et faire le plein. Elle se remit en route et rejoignit bientôt la 101 bien qu'en temps normal elle préférait prendre les petites routes. Elle mit le lecteur radio en route et les premières notes du CD The Joshua Tree de U2 se firent entendre. La jeune femme sourit et offrit son visage aux premiers rayons du soleil tandis que le vent jouait dans ses cheveux lui donnant une impression de liberté totale.
L'espace de quelques secondes, rien d'autre n'existé.
Peu à peu, le temps se couvrit et des nuages vinrent faire écran à la lumière du jour.
Le regard de la jeune femme fut attiré par un panneau qui indiquait le nom de la ville dans laquelle elle s'apprêtait à entrer : « Forks, 3120 habitants ».
Encore un de ces petits bleds paumés où tous les habitantes vivaient tranquillement leurs petites vies sans se douter de ce qui se passe au dela...




# Posté le mardi 05 mai 2009 12:22

Modifié le mercredi 10 juin 2009 10:42